Hobby Farming ou le retour à la terre

Qu’est-ce que l’agriculture de loisir ?

L’agriculture de loisir se définit comme un nouveau modèle agricole, une manière de repenser la gestion des sols et des récoltes, en revenant à des pratiques moins intensives, plus respectueuses de l’environnement, des consommateurs et de l’agriculteur lui-même.

Premier point essentiel : que vous choisissiez de faire pousser vos légumes pour votre consommation personnelle ou que vous décidiez de vendre une partie de votre production pour financer votre activité, être un Hobby Farmer, ce n’est pas être un agriculteur.

L’agriculture de loisir se distingue de l’agriculture traditionnelle de deux manières : La première, c’est que ce n’est généralement pas la source de revenus principal du gentleman farmer, qu’il dispose d’une activité plus rémunératrice en complément de sa ferme ou qu’il soit bénéficiaire d’une pension, quelle qu’elle soit.

La seconde, et non des moindres, c’est l’état d’esprit du hobby farmer. Son objectif n’est pas de nourrir son prochain et d’en tirer un bénéfice financier, mais bien d’investir dans son loisir pour en tirer un bénéfice personnel, nourricier, nutritif, voire spirituel.

Et c’est bien là la philosophie de cette agriculture nouvelle génération : se reconnecter à la terre pour se reconnecter à soi-même.

Les outils du hobby farmer

Le jardinage comme passe-temps n’est pas un effet de mode. Qu’il soit ou non propriétaire, le jardinier du dimanche a toujours eu diverses alternatives à sa disposition : que ce soit le jardin familial, un jardin partagé ou les jardins ouvriers, il a toujours été possible de cultiver son lopin de terre. Mais si cette activité nécessitait auparavant de posséder au minimum quelques mètres carrés de terre exploitable, les dernières évolutions en matière de mobilier de jardin ont permis d’étendre la pratique aux balcons, terrasses et autres toits d’immeubles. Avec une offre de produits toujours plus compacts et esthétiques, plus aucune excuse ne sera acceptée pour ne pas faire pousser ses salades.

D’autant que les options autour du hobby farming sont si nombreuses qu’il est aisé d’y trouver son bonheur.

Un composteur pour gérer ses déchets

Pour tous les consommateurs éco-conscients qui se demandent par où commencer, le composteur est un incontournable. Terriblement efficace, un composteur bien géré peut permettre de recycler en moyenne 185 kg de déchets verts et ménagers par an et par habitant.

Déchet composte

Attention tout de même, tous les déchets ne sont pas les bienvenus et une certaine gymnastique est requise pour que le compost créé soit pleinement utilisable, mais c’est un excellent moyen de faire ses premiers pas dans le hobby farming.

Bien entendu, un composteur classique pour un studio, c’est comme prendre un semi-remorque pour aller faire ses courses : c’est bien trop gros. Et c’est là que le lombricomposteur entre en jeu. D’une taille plus adaptée à la vie en appartement, le lombricomposteur fonctionne de la même manière qu’un composteur classique, à la différence que les organismes composteurs, à savoir les vers rouges, sont amenés au démarrage. Ces vers ont la particularité de pouvoir traiter jusqu’à 75 kg de déchets ménagers par an, plus rapidement qu’avec un composteur classique, le tout sans dégagement de chaleur et sans odeur.

Tout comme pour le compost classique, il y a des règles à observer, notamment sur les aliments que nous pouvons – ou pas – y jeter. Nos amis les vers n’aiment ni l’ail, ni l’oignon, ni les aliments acides ou carnés. Ils acceptent par contre cartons, coquilles d’oeufs et sachets de thé infusés. Le vermicompost ainsi récolté permet d’enrichir plantations et plantes vertes tout au long de l’année.

Un potager pour gérer son alimentation

Que vous optiez pour un composteur classique ou un lombricomposteur, une fois ce compost obtenu, il convient de l’utiliser à bon escient.

Si vos rosiers et autres plantes vertes vous remercieront de cet apport naturel, vous pourrez également utiliser votre compost pour faire pousser vos propres légumes.

Salade du potager

Comme pour tout ce qui précède, il n’est pas nécessaire de disposer d’hectares pour faire pousser ses tomates. Le but n’est pas de nourrir la ville entière mais juste sa petite famille de beaux et bons produits. Un bac potager, de la bonne terre bien amendée, une exposition optimale et vous voilà paré à faire pousser de beaux légumes au fond de votre jardin ou même sur votre terrasse. 

Cette installation a l’avantage de répondre à deux attentes fortes du monde moderne : avoir une prise sur ce que l’on consomme et en connaître la provenance.

Ainsi, en produisant vos propres légumes, vous avez la main sur tout le processus : choix des variétés cultivées, utilisation de la permaculture, gestion de l’engrais organique, etc. Sans parler du plaisir de déguster vos fruits et légumes à peine cueillis et encore gorgés de soleil.

Vous redonnez également du sens à votre alimentation en éduquant votre entourage, vos enfants aux bienfaits d’une agriculture naturelle, raisonnée et débarrassée de tout pesticide.

La miniserre, atout charme du jardin et du balcon

Encore une fois, tout le monde n’a pas la chance de disposer d’un jardin. C’est pourquoi des solutions de serres sur pied fleurissent depuis quelques années afin de fournir aux jardiniers des villes un espace de culture certes restreint, mais néanmoins optimisé.

Vous pourrez y faire pousser salades, tomates-cerise ou plantes aromatiques qui feront toute la différence dans votre assiette. 

Ces miniserres s’installent sur un balcon ou dans un coin de terrasse, y ajoutant un attrait esthétique non négligeable. Attention tout de même à fournir un ensoleillement adapté aux plants que vous y cultiverez.

Un poulailler pour une expérience gustative et éducative.

Pour les hobby farmers aguerris arrive notre amie des jardins, j’ai nommé la poule !

Si pour beaucoup, une poule n’est que la femelle de ce volatile cuisiné le dimanche quand belle-maman vient manger, certains se rappellent avec nostalgie du poulailler en béton de nos grands-mères et des poules joyeuses s’ébrouant dans la boue à la recherche de vers et autres insectes. 

D’autres, également, se souviendront, la larme à l’oeil, du chant de la poule après la ponte. Ce caquètement caractéristique qu’elles produisaient pour appeler le coq mais qui, la plupart du temps, n’appelait que nos petites mains potelées et avides.

Exit la nostalgie, car installer un poulailler aussi beau que fonctionnel est maintenant à la portée de tous.

Posséder quelques poules offre de nombreux avantages :

En plus d’une production régulière d’oeufs frais, une poule a la même capacité de recyclage qu’un composteur. Ce ne sont pas moins de 150 kg de déchets alimentaires qui passent de votre assiette à celle de vos poules. A elles les fânes de carottes, à vous les bons oeufs : la boucle est bouclée. Attention donc à votre alimentation si vous souhaitez consommer des oeufs de qualité.

C’est aussi une source d’émerveillement et d’apprentissage formidable pour votre marmaille. Opter pour un NAC, ce nouvel animal de compagnie, fera de vous le parent de l’année.

Sachez qu’une poule dont on prend bien soin peut vivre jusqu’à 10 ans, voire plus. Soit bien plus qu’un hamster !

De plus, si votre poule a été « imprégnée » à sa naissance, entendez si le premier être qu’elle a vu à sa sortie de l’oeuf était de race humaine, vous aurez un animal de compagnie affectueux et docile. 

Bien installée dans son parcours, elle sera autonome lors de vos départs en vacances. Son territoire n’a pas besoin d’être immense. Un poulailler confortable pour la protéger du froid et des prédateurs, un perchoir pour dormir, un coin tranquille pour pondre et un peu de terre pour chercher des vers et… se lâcher un peu.

Et si le coeur vous en dit, quelques lapins dodus pourront même lui tenir compagnie.

Venons-en au poulailler justement. Exit les cages en béton, elles font dorénavant place à un mobilier de jardin esthétique et pérenne.

Place au bois, au zinc, à la couleur. Parce qu’être un hobby farmer, ce n’est pas uniquement cultiver son jardin et ramasser ses oeufs. C’est aussi ralentir son mode de vie pour échapper à la folie de la vie urbaine. Et quoi de plus reposant qu’un environnement visuellement agréable pour reposer un esprit fatigué et surmené.

Le hobby farming, une philosophie de vie

Etre un hobby farmer, c’est tout ce qui précède et bien plus encore. 

C’est se préoccuper de son bien-être et de celui de sa famille. C’est savoir ce que l’on consomme et s’assurer de la traçabilité de son alimentation. C’est réapprendre la valeur du temps et la valeur du travail. C’est également transmettre ces valeurs à ses enfants. 

Mais c’est aussi s’inscrire dans une volonté d’amélioration de son environnement. Quelles que soient les pratiques que vous souhaitez intégrer dans votre cadre de vie, soyez attentifs à la qualité du mobilier que vous utiliserez. Se préoccuper de son environnement implique également d’investir dans du matériel de qualité, produit dans des entreprises respectant les droits des travailleurs, avec des matériaux éco-responsables.

Comme le disait Candide à Pangloss dans le conte philosophique de Voltaire « Candide ou l’Optimiste », il faut cultiver son jardin. Le Hobby Farming permet de réapprendre, par le biais du travail de la terre, que tout travail bien fait porte ses fruits. Que patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Et que l’Homme sans la Terre n’est qu’un être déraciné.